Pourquoi nous sexualisons nous si volontiers lorsque nous nous montrons/mettons en scène/exhibons? Est-ce parce que la sexualité est une part importante de notre psyché, de notre expérience humaine ou parce que le sexe vend et que nous avons appris à nous considérer comme des marchandises?
jouer avec le feu
Alors que j’apprécie de moins en moins les bougies, parfumées ou non, je renoue avec le papier d’Arménie et l’encens. Parce que, à la senteur, s’ajoute la colonne de fumée, les volutes, ce que je trouve infiniment apaisant à contempler. A moins que, comme un enfant, je n’aime jouer avec le feu ?
renaissance
Pourquoi on s'aime bien en photo ou pas? Je n'ai absolument pas de réponse si ce n'est qu'en général je ne m'aime pas. Mais, là, je m'aime bien parce que je trouve que la photo a l'air d'être un portrait de vieillard de la Renaissance. Ce n'est pas que j'adore me voir en vieillard, plutôt que je n'ai pas du tout l'impression que c'est moi sur l'image... (On a les narcissismes qu'on peut! )
pas compris
Ça, je ne l’avais pas venu venir mais… Quelqu’un est venu me demander un conseil pour un exercice. Ça n’a aucune logique au vu de mon exécution et de mon gabarit. Vraiment, je n’ai pas compris.
solitudes
Ce n’est pas que je n’aimerais pas vivre le jour mais l’insomnie me fait beaucoup vivre la nuit et ce n’est pas si désagréable. Le monde semble se limiter au cercle de lumière de la lampe et la solitude est immense et intense, mais c’est une solitude plus douce que celle du jour, qui est une solitude au milieu de la foule, qui peut paraître triste, je le concède. La solitude de celui qui est éveillé alors que tout dort, c’est tout autre chose, quelque chose d’intime et de pensif, qui se savoure, parce qu’on a beau être insomniaque, on peut très bien être en paix avec soi-même. Et puis l’enfer c’est les autres, tout ça, vous savez bien…
rasé
J’ai craqué et je me suis rasé. Le crâne. Parce que les cheveux m’ennuient beaucoup trop. Parce qu’il n’y a que comme ça que je m’aime. Le petit côté moine ma plaît bien. Je me demande si je pourrais trouver des robes de bure doublées de soie…
orage
Le Sturm und Drang, ce n’est pas mon délire, je suis beaucoup trop classique pour ça mais il y a cependant deux moments que j’aime dans l’orage. Celui juste avant que tout n’éclate, lorsque tout semble suspendu, à l’arrêt, figé, qui ne dure parfois que quelque seconde mais semble un morceau d’éternité. Et l’après, quand le ciel semble lavé, la lumière, soudain, plus claire, plus transparente, plus pure. (Si seulement il pouvait en être de même pour nos idées…)
En ce moment, ma vie c’est surtout…
Aller chez le kiné parce que je souffre et que j’ai le bassin incroyablement raide, dixit le kiné. Je n’ai jamais été souple, mais ça ne s’est pas arrangé. Moralité, je sais pas m’assoir et, apparemment, je peux pas vivre couché. (Vraiment ? Je pourrais aimer ça pourtant !) Du coup, je vais moins à la salle mais je reste pas sans rien faire non plus…
aesthetic
Régulièrement, je me demande si j’ai le moindre sens de l’esthétique, tiraillé que je suis entre tout et son contraire. Certes, je pourrais revendiquer l’éclectisme mais ce serait un masque joliment posé sur le fait que je ne sais pas ce que je trouve beau. Ou que je trouve tout beau avec une parfaite incohérence. Je ne parle pas des trois photos par mois de mon feed instagram, je ne suis pas photographe, on ne me paye pas pour faire du contenu et je serais bien incapable de faire quelque chose de cohérent parce que ça m’ennuierait et que je me sentirais prisonnier du truc. Il est question de ce que j’aime voir et du petit univers que je crée autour de moi…
Notez que si empiler des livres est une aesthetic, bah, ça va, je suis sauvé ! 😉
voyager
Parfois, il me semble que je ne voyagerai plus jamais, que je ne découvrirai jamais certains lieux, certains endroits, ne rencontrerai jamais certaines personnes. C’est à la fois un regret et pas tant que ça. Il y a les livres, les photos. C’est d’ailleurs l’un des seuls bienfaits des réseaux sociaux, ils n’attisent pas ma soif d’exotisme, il la satisfont. Pour le plus grand bien de la planète, même si un voyageur de moins, ça ne pèse pas bien lourd.
Et puis il y a des choses jolies tout près de moi. Après tout, il y a des gens qui viennent du monde entier pour contempler la grand place de Bruxelles et moi je peux la voir tous les jours…
application
Je suis incapable d’aller à la salle sans être sur une application. Peut-être parce que j’ai une mémoire de poisson rouge mais surtout parce que je ne m’intéresse pas assez à ça que pour retenir combien je soulève et combien de fois. Je pense très sincèrement que mes capacités de stockages ne sont pas infinies et qu’il y a des choses plus importantes dans la vie… Au XXème siècle, j’aurais noté sur un petit carnet et ça m’aurait servi d’excuse pour laisser tomber. J'ai une application pour ne pas m'appliquer et le jour où elle me laissera tomber, j'aurai une excuse.
passif
Je déteste le terme passif. Il donne l’impression de subir, d’attendre que ça passe, éventuellement en pensant à autre chose. À la limite de subir un viol. À tout le moins d’être un objet sexuel. Le truc dont on se dit que, dans le fond, la masturbation, ce serait limite plus amusant que ce truc amorphe et un peu méprisable.
Franchement, faute de trouver mieux en français, vive les anglicismes. Mais je trouve ça un peu triste de recourir à l’anglicisme. Et c’est là que je me rends compte qu’on peut tenter de se mettre d’accord pour un plan cul sur une app de rencontre et basculer dans une discussion sans fin sur le choix des mots, parce que, si, je te jure, c’est important.
Serai-je une pétasse littéraire?
la barbe
(épisode 1493) Je ne sais pas quoi faire de cette barbe qui pousse mais que j'aime bien. Donc je ne fais rien. Même si je regrette qu'on ne voit plus mes foulards. Qui sont peut-être encore plus égoïstement précieux d'être cachés?
content
Ça ne se voit pas mais je suis content. Pas de la photo sur laquelle j’ai une sale tête mais parce que pour une fois j’ai l’impression d’avoir bien travaillé…
poulies
J’aime de plus en plus travailler avec les poulies. Pour être honnête, c’est ce qui me semble le plus supportable. Il y a plus de fluidité et il me semble que ça mobilise plus l’ensemble du corps…. Les machines me rebutent de plus en plus et avec les poids libres, j’ai toujours l’impression qu’ils sont malveillants et cherchent à me blesser.
le deuxième sexe
Il y a quelques années, j’aurais posé la question « faut-il encore lire Simone de Beauvoir ? » parce que tout semblait tellement bien parti et que ses écrits paraissaient bien vieillis et dépassés. Et puis, à un moment, on ne sait pas bien quand, entre deux poses de faux ongles, tout s’est mis à déconner, à reculer.
Outre le deuxième sexe, c’est particulièrement intéressant de (re)lire Une fois que les femmes ont ouvert les yeux (Gallimard, 2026) une compilation de textes et entretiens où l’ont découvre une pensée en mouvement, des ajustements, changement d’avis, nuances. Parce qu’entre 1947 et 1985, les choses ont changé, évolué, et la pensée a suivi. Aujourd’hui, elle serait encore différente parce que le monde a encore changé et notre point de vue sur lui aussi.
dos
Si l'odalisque d'Ingres avait trois vertèbre en trop, à moi il doit en manquer trois. Mais au moins je n'ai plus mal au dos....
bravo
Certains jours, souvent, la plupart du temps, je n’ai pas envie. Pourtant, souvent, j’y vais, je fais l’effort de. Et plutaôt que de sentir que ce n’est pas assez, j’aimerais sentir que c’est bien, mieux, bravo. Alors je me le dis ici, à moi-même. Parce que sinon, je peux bien attendre…
grasset
C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai lu l’espion d’Atatürk de Metin Arditi. C’est la deuxième partie d’une trilogie et c’est un très bon livre avec une bonne histoire et des personnages auxquels on s’attache vraiment. Mais il y a bien évidemment un problème : il est publié chez Grasset, la maison qu’on n’a plus envie de soutenir depuis que Bolloré en a pris le contrôle et qu’il a viré Olivier Nora parce qu’on ne peut plus se voiler la face : elle devient un peu puante et va véhiculer des idées qu’on n’aime pas pour faire avancer une mentalité, une politique qu’on n’a surtout pas envie devoir. MAIS…
C’est un peu plus compliqué. Je pourrais dire que le livre était dans ma PAL depuis longtemps. Depuis avant l’affaire. Ce qui est vrai et un argument un peu valable. Mais en réalité, c’est aussi plus compliqué que ça. Qu’en est-il des auteurs qu’on aime, qui sont lié par un contrat, qui ont un livre qui vient de sortir, une grande partie de leur catalogue chez Grasset ? Faut-il ne plus les lire ? En faire des auteurs has-been qui devront trouver autre chose que l’écriture pour payer leurs factures ? Et ces livres qui ne sont manifestement pas dans la ligne Bolloré, faut-il s’en passer ?
L’espion d’Atatürk, c’est l’histoire de juifs entre 1935 et 1955, en Turquie et en Suisse, entre solution finale, collaboration et pogroms. C’est aussi une histoire de PD et de gouines. C’est tout sauf un livre qui défendrait la morale moisie et rance des fachos dont on entend dans le lointain de moins en moins lointain le bruit des bottes qui se rapprochent dangereusement vite. Le genre de livre qu'ils aimeraient qu'on oublie parce que ce serait mieux de penser que "après tout, on n'a pas encore essayé" alors que justement si et c'était pas beau à voir.
Je n’ai pas de solution, de réponse toute faite. Juste envie de lire de bons livres qui entretiennent mon humanité. Mais j’avoue qu’en librairie, je ne regarde plus les ouvrages estampillés Grasset, comme je ne regardais plus quand je voyais Fayard.
Vraiment l’époque fait chier.
ça, c’est fait!
Parfois, je suis juste content qu’une chose, même agréable, soit derrière moi, pouvoir me dire « ça, c’est fait » et passer à la suite sans état d’âme, remord ou regret. Il va de soi que ce genre de sentiment dure à peu près 5 minutes, parfois une heure et que je repense ensuite aux choses, à ce qui aurait pu être autrement, ce que j’ai raté, etc. En résumé, je me fatigue. (Mais pas au point de dormir la nuit.)
kink
the 41 issuea magazine by Paco y Manolo
Publié en espagnol et en anglais, Kink hésite entre les genres. C’est à la fois un livre de photographies, des collages, un journal, des jeux sur la typographie mais en tous cas un objet d’art. C’est un objet résolument homosexuel qui montre des portraits, de fières nudités, et certains trouveront peut-être que ça flirt un peu trop avec l’érotisme et la pornographie.
Mais comment montrer les membres d’une communauté qui se définit par sa sexualité sans montrer le sexe ? Quand le sexe et tous l’enjeu, ne pas le montrer, ne pas en parler, c’est un peu un problème, non ?
Je ne suis pas du genre à monter les fesses à l’air sur un char de la gay pride, mais je comprends l’utilité de la chose. Qui peut être perçue comme inconfortable par le spectateur. Mais parfois il faut lui montrer ce qu’il ne veut pas voir. Pour ne pas être toléré seulement tant qu’on fait semblant de ne pas exister.
L’argument « oui, mais il y a des enfants qui voient ça » est particulièrement dérangeant. J’ai grandi dans un environnement où l’hétérosexualité était omniprésente, montrée, remontrée, évidente et explicite tous médias confondus. Pour ma propre sexualité, mes envies, je ne voyais rien, je n’apprenais rien si ce n’est une immense solitude…





































