Les gens pieds nus à la salle de sport, je ne m’habitue pas. Pieds nus au supermarché ou en rue, je n’ai plus les mots pour décrire mon dégoût. Oui, je suis une toute petite bourgeoise pas du tout bohème…
point salle 484
Ça ne progresse pas beaucoup. Un peu moins d’assiduité peut-être et surtout plus de fatigue. Et, bien sûr, le fait qu’au début ce soit facile d’ajouter des répétitions ou des kilos. Objectivement, les progrès sont réguliers, juste normalement lent pour quelqu’un qui n’a guère de motivation, plus l’âge et une vie à vivre…
La vérité, c’est que, comme tout le monde, je voudrais tout tout de suite. (Et ne venez pas qu'à mon âge c'est déjà bien de maintenir, je pourrais tomber en dépression nerveuse!)
portrait
Longtemps, j’ai privilégié le format paysage mais l’habitude du téléphone m’a contraint à avoir ce reflexe du mode portrait. Locus communis de la technique qui fait évoluer l’art. Mais je me demande à quel point je suis encore libre de faire ce que je veux comme je veux et à que point je suis asservi à une technique. Au moins, je ne demande pas à l’IA de faire les images à ma place et je ne retouche pas. Mais me rendrais-je même compte que je la laisse faire à ma place ou en y venant petit à petit serais-je encore capable de croire que je suis encore photographe ?
point salle 217
La régularité est compliquée pour moi… Je pensais que ce serait plus facile quand il fait chaud parce que je n’aurais pas à affronter le froid pour y aller, mais quand il fait chaud, je dors, je ne fais pas de sport. La chaleur n’est pas gênante en allant s’entrainer la nuit, les trajets sont à la limite de l’agréable et la climatisation n’est pas trop désagréable puisque la différence avec la température extérieure est moins grande. (En journée, les grands écarts de température me sont plus insupportable que la chaleur.) Enfin, j’essaye malgré tout de me pousser à aller m’ennuyer (beaucoup), quitte à faire un peu moins. Mais au moins faire quelque chose. (Et je trouve que je mérite les félicitations du jury pour ce bel effort !)
fuck
Porter des bagues ne me viendrait pas à l’idée pour tout un tas de raison dont la plus solide est que j’ai de vilaines mains d’ouvrier agricole (l’atavisme, tout ça…) mais je ne me lasse de la bague fuck. À peine vue, je savais que je la voulais. Je l’ai attendue longtemps mais je ne m’en lasse point. D’ailleurs, y a-t-il un seul jour ou nous n’avons envie de dire un bon gros FUCK ?
autoportrait
À force d’en poster, l’autoportrait est devenu, ce qu’il n’était pas à la base, quelque chose de facile pour moi. Facile à prendre, peut-être dans la mesure où je sais plus facilement quel angle choisir, su quoi exactement faire la mise au point, mais surtout quelque chose dont je suis plus détaché, que je peux juger avec un certain détachement presqu’indifférent. Jamais je n’aurais laissé passer une photo de moi en sueur, sur laquelle les pores et les défauts se montrent aussi franchement, mais maintenant, je m’en fous complètement. (Ou presque, je n’ai pas complètement abdiqué tout narcissisme.)
Je suppose qu’on s’habitue à tout. Même si ça m’a pris plus de 50 ans. Et que j’ai eu la chance de ne pas grandir dans un monde de filtres et de retouches (en dehors des magazines.) Je suppose qu’il m’aurait fallu 2 fois 50 ans pour y arriver. Et ça commençait à faire vraiment trop long, là…
vague de chaleur
Est-ce la peine d’en parler ? On s’en soucie, un peu étonnés comme si nous n’avions été prévenus, et puis il y aura d’autres urgences, d’autres priorités, besoin d’argent pour plus important parce que l’époque est à l’urgence et au clientélisme qui, seuls, permettent de remporter une élection. Pour le reste caramels, bonbons et chocolats, merci pas pour moi mais tu peux bien les offrir à une autre…
pavot
Forcément je pense opium, avec tout l’imaginaire décadent qui va avec. Pourtant, seul le parfum m’a tenté. Disons qu’il y a d’autres moyen de me faire du mal en me faisant du bien…
noir
Ce genre de photo m’évoque toujours une ambiance film noir que j’aime bien. Non pas que j’ai une grande culture cinématographique (ni une grande culture tout court) mais enfin, j’ai quand même vu quelques uns de ces films et j’ai apprécié cette façon de filmer en jouant sur les ombres, les angles pour donner une ambiance à peu de frais. D’ailleurs, si j’aime le noir et blanc, c’est un peu par facilité et beaucoup à cause de tous ces vieux films hollywoodiens que j’ai vu jadis, quand ils passaient encore à la télévision. (Peut-être qu’ils y passent encore -j’en doute- mais je ne regarde plus la télévision. Ni ne vais au cinéma.)
sourcils
Quasiment invisibles, mes sourcils me complexent un peu même si dans un sens, j’aime autant qu’ils soient invisibles : fins et arqués, ils me font ressembler à un méchant Disney si je les souligne. Ou à Bette Davis dans ses mauvais jours. (Dans What Ever Happened to Baby Jane? par exemple.) Maintenant, en plus, comme on peut le voir sur la photo, il y a des poils blancs qui apparaissent. Plus long, dépassant ridiculement, et refusant de rentrer dans le rang. Petites misères de la vieillesse… Mais j’aime bien la photo quand même.
qui?
Il paraît qu’il y a des gens qui s’amusent à la salle. Ce n’est pas du tout mon cas. Je fais partie de ces gens qui n’aiment pas le sport, le mouvement. Mon esprit a besoin d’être occupé, mais mon corps, non, vraiment, le repos lui convient très bien.
Je ne sais pas qui sont ces gens qui aiment ça et je ne veux pas savoir. Un peu parce que ça ne m’intéresse pas et surtout pour m’épargner l’interaction sociale que toute tentative de compréhension pourrait amener. On n’est JAMAIS trop prudent.
chemise blanche
Il n’y a pas que les marinières dans ma vie, et c’est bien dommage, il y a aussi les chemises blanches. Que j’aime bien voir froissées en fin de journée quand on les retire parce qu’elles ont vécu notre vie et qu’il y a une poésie de l’objet usagé qui a été au contact du corps et en a peut-être gardé quelque chose. Un parfum et des taches, mais peut-être aussi une espèce de souplesse et de chaleur qui a cassé l’étoffe raide…
barbe aldéhydée...
Peut-être suis-je de mauvaise foi mais l’amateur de classiques en moi qui refuse d’envisager la possibilité d’un monde plein d’hommes parfumés en hommes se réjouit que l’huile le corps N°5 soit la meilleure huile à barbe du marché qui fait le poil doux et soyeux en plus de sentir divinement bon le N°5 le plus classique et non pas une version moderne et ennuyeuse aux muscs blancs…
thé
Voilà des années que je ne bois que du thé du matin au soir. Et souvent la nuit aussi. Sans me lasser. C’est toujours un moment particulier, apaisant et esthétique. A chaque tasse que je prépare.
Pour une fois sociable, j’aime bien offrir du thé. Pas si sociable que ça puisque c’est uniquement aux gens que j’apprécie que je le propose et que ce n’est donc pas à grand monde. Mais quand je le fais, je suis encore plus exigeant. Le thé doit être parfaitement infusé, à la bonne température, la vaisselle particulièrement choisie pour s’harmoniser au thé, à la personne et à l’instant. Oui, oui, le thé demande de la concentration. Le thé, c’est TRÈS COMPLIQUÉ.
obscurité
Les photos où je me préfère sont celle sur lesquelles on ne me voit presque pas, celle où, à peine, on me devine. Je préfère sans doute être compris à demi-mots à l’obligation de m’expliquer.
camera obscura
Il y avait un problème électrique à la salle. je n'aurais probablement pas dû être là mais il y avait l'éclairage d'urgence qui donnait une lueur ténue, pour régler les poids, je devais me servir de mon téléphone, pas de musique, presque personne, un très grand calme et une ambiance particulière... Ce fut probablement ma meilleure séance à ce jour, la plus agréable et la plus efficace. Si jamais il vient à quelqu'un l'idée d'ouvrir une chambre noire, j'irai tout de suite m'y inscrire.
banane assumée
Sur instagram, j’aurais probablement été obligé de faire cette photo avec une aubergine, mais je préfère les bananes et parfois, il faut savoir être rebelle en plus d'être belle. (Est-ce que j'ai le melon? Possible...)
sarcopénie
C’est bon, merci les réseaux, on a bien compris qu’avec l’âge ça se laissait aller et qu’il valait mieux faire des efforts et lutter. On a compris, merci de passer à autre chose.
une bonne photo...
Qu’est-ce qu’une bonne photo? Je n’ai pas de certitude et pas la prétention de répondre à la question. Néanmoins, je pense qu’une bonne photo n’a pas besoin de retouches. D’être éditée, recadrée, oui, sans doute. Mais pas de l’intervention de l’IA qui tue le grain, le petit défaut et la vie. (Oui, j'avoue je parle comme un vieux et de façon péremptoire mais c'est chez moi, ici, et je fais bien comme je veux.)
oui/non
L’épreuve du miroir n’est jamais gagnée d’avance. Je me surprends à chaque fois. Parfois je me trouve bien, parfois je me trouve moche. D’un jour à l’autre. Sans raison. Parce que je ne me transforme pas tant que ça. C’est donc dans la tête. Alors, je pourrais ou devrais ne pas me regarder mais… Le reflet aperçu par surprise, c’est encore pire. Sans compter qu’il faut quand même un peu vérifier à quoi on ressemble avant de sortir de chez soi. Savoir que c’est dans la tête, ça n’aide pas. Ni moi, ni (probablement) personne.
Si vous me demandez si je me trouve bien sur cette photo, la réponse est "ça dépend des jours." Vous vous attendiez à quoi?
rien compris
Que le foot ne m’intéresse pas le moins du monde, vous vous en doutiez un peu. Mais je ne sais pas résister à un joli t-shirt et ça m’amusait de décaler le truc, de faire celui qui n’a rien compris plutôt que de dire « vous me faites chier avec ça ! » parce que, si, en vrai, ça va me saouler très vite. Deux jours à être content pour les gens qui aiment ça et puis je n’en pourrai plus de n’entendre parler que de ça…
(Et surtout d'une façon tellement sérieuse. Mais... C'est des gens qui courent après une balle, enfin!)
choquer
Quand est-ce qu’on choque pour faire bouger les choses, faire réfléchir les gens, changer les mentalités et quand est-ce qu’on se fait plaisir pour ses deux minutes de gloire ?
apparences
Il y a des gens qui pleurnichent que c’est trop injuste d’avoir l’air vieux parce qu’à l’intérieur ils se sentent encore jeunes. (Immatures ?) Je pense volontiers que l’extérieur reflète enfin l’intérieur chez moi. Mais ça me fait chier aussi, vous savez … Le désaccord n’était pas pour me déplaire. Je suis totalement hostile à l’idée qu’il y a un lien nécessaire et obligatoire de vérité entre notre aspect physique et notre psyché. Je préfère garder mon chaos chaotique soigneusement refoulé et sauvegarder les apparences.
lumière
Sans filtre. Mais une jolie lumière, c’est comme un regard aimant, ça change tout dans la façon dont on se voit.
exister
Est-ce que nous sommes capables de nous assumer, de nous aimer, de nous montrer comme nous sommes? Sans retouche. Parce qu’en vérité, c’est aussi nous qui laissons l’espace se saturer d’injonctions et de modèles mensongers impossibles à suivre. Pire, parfois nous en redemandons.
voir
Comme beaucoup de gens, je ne vois pas la même chose chez moi que chez les autres. Ce que je trouverais beau, désirable, devient presque systématiquement un défaut, quelque chose à détester ou mépriser, quelque chose qu’il faut au moins changer. Parce que c’est ce que j’ai entendu toute ma vie et que je vois et entends encore et encore absolument partout. encore plus maintenant, parce que les réseaux sociaux et l’hyperconnexion ont été inventés et qu’on peut nous bombarder de message constamment à propos de ce que nous devrions faire, penser et être. Pas pour notre bien, pour nous contrôler et nous vendre des choses.
la religion des morts
Avec ma passion des cimetières, ce livre était fait pour moi. En réalité, j’adore l’histoire des mentalités et ce livre qui parle tombes, fleurs et deuil est absolument passionnant. En plus, c’est un livre centré sur le XIXème siècle, époque que j’adore. Ne me demandez pas pourquoi, je serais bien en peine de répondre. Peut-être parce qu’une partie de moi y vit toujours un peu ?
Ce genre de livre, ça permet aussi de relativiser, de remettre en question, de me remettre en question. Ce qui est salutaire et que je devrais faire plus souvent. (Je suis beaucoup plus sensible à l'Histoire qu'à la philosophie.)
Si je vous dis que c'est une lecture agréable, vous ne me croirez peut-être pas. Pourtant...
Bide (faire un)
qui? (et quoi?)
Je lisais un article du Monde sur Xenia Federova et je me demandais qui sont ces gens qui croient la propagande russe, les messages de l’extrême droite et … ? Je voudrais à vrai dire penser que je ne connais pas la réponse mais il y en a autour de moi. Pas des gens stupides ou antipathiques, des gens avec qui j’ai apprécié de parler, des gens qui auraient pu être des amis. Des gens qui je crois m’aiment bien. Qu’est-ce qui s’est passé ? Quel glissement s’est opéré ? Est-ce que ça pourrait m’arriver ? Qu’est-ce que je peux faire ? (Parce que, non, parler avec eux ne sert à rien : ils sont dans une bulle de réalité totalement parallèle… et totalement effrayante.)










































