grasset

 


C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai lu l’espion d’Atatürk de Metin Arditi. C’est la deuxième partie d’une trilogie et c’est un très bon livre avec une bonne histoire et des personnages auxquels on s’attache vraiment. Mais il y a bien évidemment un problème : il est publié chez Grasset, la maison qu’on n’a plus envie de soutenir depuis que Bolloré en a pris le contrôle et qu’il a viré Olivier Nora parce qu’on ne peut plus se voiler la face : elle devient un peu puante et va véhiculer des idées qu’on n’aime pas pour faire avancer une mentalité, une politique qu’on n’a surtout pas envie devoir. MAIS…




C’est un peu plus compliqué.  Je pourrais dire que le livre était dans ma PAL depuis longtemps. Depuis avant l’affaire. Ce qui est vrai et un argument un peu valable. Mais en réalité, c’est aussi plus compliqué que ça. Qu’en est-il des auteurs qu’on aime, qui sont lié par un contrat, qui ont un livre qui vient de sortir, une grande partie de leur catalogue chez Grasset ? Faut-il ne plus les lire ? En faire des auteurs has-been qui devront trouver autre chose que l’écriture pour payer leurs factures ? Et ces livres qui ne sont manifestement pas dans la ligne Bolloré, faut-il s’en passer ?




L’espion d’Atatürk, c’est l’histoire de juifs entre 1935 et 1955, en Turquie et en Suisse, entre solution finale, collaboration et pogroms. C’est aussi une histoire de PD et de gouines. C’est tout sauf un livre qui défendrait la morale moisie et rance des fachos dont on entend dans le lointain de moins en moins lointain le bruit des bottes qui se rapprochent dangereusement vite. Le genre de livre qu'ils aimeraient qu'on oublie parce que ce serait mieux de penser que "après tout, on n'a pas encore essayé" alors que justement si et c'était pas beau à voir. 


Je n’ai pas de solution, de réponse toute faite. Juste envie de lire de bons livres qui entretiennent mon humanité. Mais j’avoue qu’en librairie, je ne regarde plus les ouvrages estampillés Grasset, comme je ne regardais plus quand je voyais Fayard. 


Vraiment l’époque fait chier.


ça, c’est fait!


 

Parfois, je suis juste content qu’une chose, même agréable, soit derrière moi, pouvoir me dire « ça, c’est fait » et passer à la suite sans état d’âme, remord ou regret. Il va de soi que ce genre de sentiment dure à peu près 5 minutes, parfois une heure et que je repense ensuite aux choses, à ce qui aurait pu être autrement, ce que j’ai raté, etc. En résumé, je me fatigue. (Mais pas au point de dormir la nuit.)

kink

 the 41 issue
a magazine by Paco y Manolo


Publié en espagnol et en anglais, Kink hésite entre les genres. C’est à la fois un livre de photographies, des collages, un journal, des jeux sur la typographie mais en tous cas un objet d’art. C’est un objet résolument homosexuel qui montre des portraits, de fières nudités, et certains trouveront peut-être que ça flirt un peu trop avec l’érotisme et la pornographie.




Mais comment montrer les membres d’une communauté qui se définit par sa sexualité sans montrer le sexe ? Quand le sexe et tous l’enjeu, ne pas le montrer, ne pas en parler, c’est un peu un problème, non ?




Je ne suis pas du genre à monter les fesses à l’air sur un char de la gay pride, mais je comprends l’utilité de la chose. Qui peut être perçue comme inconfortable par le spectateur. Mais parfois il faut lui montrer ce qu’il ne veut pas voir. Pour ne pas être toléré seulement tant qu’on fait semblant de ne pas exister. 




L’argument « oui, mais il y a des enfants qui voient ça » est particulièrement dérangeant. J’ai grandi dans un environnement où l’hétérosexualité était omniprésente, montrée, remontrée, évidente et explicite tous médias confondus. Pour ma propre sexualité, mes envies, je ne voyais rien, je n’apprenais rien si ce n’est une immense solitude…

surprise yourself


 

Les petites phrases inspirantes et motivantes me laissent généralement de marbre mais, dans ce cas précis, je ne comprends même pas ce que cela peut bien vouloir dire. Je dois manquer d'imagination. En même temps, qui aurait pensé qu'il fallait de l'imagination à Basic Fit?


De toute façon, je ne suis pas le public cible: je n'aime pas les surprises.

selfies



L'avantage des selfies, c'est qu'on se voit comme on ne s'est jamais vu. Sous des angles presqu'impossibles dans le miroir. Là, ça pourrait être le pire de moi... La barbe blanchit, le cheveux grisonne et le cou ride. Mais je m'aime bien comme ça. J'aurais presqu'envie de m'embrasser dans le cou.
 

s'exposer


 

Se surexposer plutôt. C'est plus flatteur. Même si le résultat est le même: montrer beaucoup pour mieux cacher. Mais dans s'exposer, il y a sexe. Peut-être que vous n'êtes pas prêts pour ça. Et moi encore moins.

journal sexuel

 



Arthur Dreyfus a écrit plus de 2000 pages. Je pense que j’aurais écrit quelques feuillets A4.

les gens qui…


 

Oui, c’est vrai, tout m’énerve et je déteste plein de monde, mais je déteste tout particulièrement les gens qui parlent de sommeil. Quand ce n’est pas pour valoriser la privation de sommeil parce que les vrais entrepreneurs ne dorment que 3 h par nuit et vive le miracle morning pour les vrais créatifs, c’est pour faire la leçon parce que « c’est important de dormir pour être mince/avoir une belle peau/une bonne santé/un cerveau réactif/blablabla. (Ne rien biffer - pas de mention inutile.) En gros, nous culpabiliser parce qu’on fait tout mal. Comme si c’était un choix et qu’on ne faisait pas, tous, ce qu’on peut et puis c’est tout et allez bien vous faire foutre! 

écrire


 

Chaque jour, j’essaye d’écrire un peu. À la main. Dans un carnet leuchtturm1917 A5 parce que je suis une véritable caricature.