À force d’en poster, l’autoportrait est devenu, ce qu’il n’était pas à la base, quelque chose de facile pour moi. Facile à prendre, peut-être dans la mesure où je sais plus facilement quel angle choisir, su quoi exactement faire la mise au point, mais surtout quelque chose dont je suis plus détaché, que je peux juger avec un certain détachement presqu’indifférent. Jamais je n’aurais laissé passer une photo de moi en sueur, sur laquelle les pores et les défauts se montrent aussi franchement, mais maintenant, je m’en fous complètement. (Ou presque, je n’ai pas complètement abdiqué tout narcissisme.)
Je suppose qu’on s’habitue à tout. Même si ça m’a pris plus de 50 ans. Et que j’ai eu la chance de ne pas grandir dans un monde de filtres et de retouches (en dehors des magazines.) Je suppose qu’il m’aurait fallu 2 fois 50 ans pour y arriver. Et ça commençait à faire vraiment trop long, là…















