Aller chez le kiné parce que je souffre et que j’ai le bassin incroyablement raide, dixit le kiné. Je n’ai jamais été souple, mais ça ne s’est pas arrangé. Moralité, je sais pas m’assoir et, apparemment, je peux pas vivre couché. (Vraiment ? Je pourrais aimer ça pourtant !) Du coup, je vais moins à la salle mais je reste pas sans rien faire non plus…
depuis 1971
aesthetic
Régulièrement, je me demande si j’ai le moindre sens de l’esthétique, tiraillé que je suis entre tout et son contraire. Certes, je pourrais revendiquer l’éclectisme mais ce serait un masque joliment posé sur le fait que je ne sais pas ce que je trouve beau. Ou que je trouve tout beau avec une parfaite incohérence. Je ne parle pas des trois photos par mois de mon feed instagram, je ne suis pas photographe, on ne me paye pas pour faire du contenu et je serais bien incapable de faire quelque chose de cohérent parce que ça m’ennuierait et que je me sentirais prisonnier du truc. Il est question de ce que j’aime voir et du petit univers que je crée autour de moi…
Notez que si empiler des livres est une aesthetic, bah, ça va, je suis sauvé ! 😉
voyager
Parfois, il me semble que je ne voyagerai plus jamais, que je ne découvrirai jamais certains lieux, certains endroits, ne rencontrerai jamais certaines personnes. C’est à la fois un regret et pas tant que ça. Il y a les livres, les photos. C’est d’ailleurs l’un des seuls bienfaits des réseaux sociaux, ils n’attisent pas ma soif d’exotisme, il la satisfont. Pour le plus grand bien de la planète, même si un voyageur de moins, ça ne pèse pas bien lourd.
Et puis il y a des choses jolies tout près de moi. Après tout, il y a des gens qui viennent du monde entier pour contempler la grand place de Bruxelles et moi je peux la voir tous les jours…
application
Je suis incapable d’aller à la salle sans être sur une application. Peut-être parce que j’ai une mémoire de poisson rouge mais surtout parce que je ne m’intéresse pas assez à ça que pour retenir combien je soulève et combien de fois. Je pense très sincèrement que mes capacités de stockages ne sont pas infinies et qu’il y a des choses plus importantes dans la vie… Au XXème siècle, j’aurais noté sur un petit carnet et ça m’aurait servi d’excuse pour laisser tomber. J'ai une application pour ne pas m'appliquer et le jour où elle me laissera tomber, j'aurai une excuse.
passif
Je déteste le terme passif. Il donne l’impression de subir, d’attendre que ça passe, éventuellement en pensant à autre chose. À la limite de subir un viol. À tout le moins d’être un objet sexuel. Le truc dont on se dit que, dans le fond, la masturbation, ce serait limite plus amusant que ce truc amorphe et un peu méprisable.
Franchement, faute de trouver mieux en français, vive les anglicismes. Mais je trouve ça un peu triste de recourir à l’anglicisme. Et c’est là que je me rends compte qu’on peut tenter de se mettre d’accord pour un plan cul sur une app de rencontre et basculer dans une discussion sans fin sur le choix des mots, parce que, si, je te jure, c’est important.
Serai-je une pétasse littéraire?
la barbe
(épisode 1493) Je ne sais pas quoi faire de cette barbe qui pousse mais que j'aime bien. Donc je ne fais rien. Même si je regrette qu'on ne voit plus mes foulards. Qui sont peut-être encore plus égoïstement précieux d'être cachés?
content
Ça ne se voit pas mais je suis content. Pas de la photo sur laquelle j’ai une sale tête mais parce que pour une fois j’ai l’impression d’avoir bien travaillé…
poulies
J’aime de plus en plus travailler avec les poulies. Pour être honnête, c’est ce qui me semble le plus supportable. Il y a plus de fluidité et il me semble que ça mobilise plus l’ensemble du corps…. Les machines me rebutent de plus en plus et avec les poids libres, j’ai toujours l’impression qu’ils sont malveillants et cherchent à me blesser.
le deuxième sexe
Il y a quelques années, j’aurais posé la question « faut-il encore lire Simone de Beauvoir ? » parce que tout semblait tellement bien parti et que ses écrits paraissaient bien vieillis et dépassés. Et puis, à un moment, on ne sait pas bien quand, entre deux poses de faux ongles, tout s’est mis à déconner, à reculer.
Outre le deuxième sexe, c’est particulièrement intéressant de (re)lire Une fois que les femmes ont ouvert les yeux (Gallimard, 2026) une compilation de textes et entretiens où l’ont découvre une pensée en mouvement, des ajustements, changement d’avis, nuances. Parce qu’entre 1947 et 1985, les choses ont changé, évolué, et la pensée a suivi. Aujourd’hui, elle serait encore différente parce que le monde a encore changé et notre point de vue sur lui aussi.













