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A Cabourg, il est représenté partout, cœur d’une vaste entreprise commerciale et touristique, comme si la ville était un parc à thème qui n’ose pas dire son nom parce que quand même culture, littérature, tout ça… C’est un peu triste (si, Marcel Proust dessiné sur les poubelles pour vous expliquer le tri des déchets, c’est triste), d’autant que ça donne un peu la sensation de connaître Proust sans l’avoir jamais lu. Mais dans le même temps, passer devant l’aquarium étrange et regarder, de la même façon qu’il a peut-être été regardé, oui, c’est quelque chose. Je trouve en outre très ironique et révélateur qu’on parle surtout des jeunes filles en fleurs en oubliant Sodome et Gomorrhe.


J’ironise un peu, mais j’aime aussi à retrouver son portrait. J’aime que même ceux qui ne l’ont pas lu et ne le liront jamais le connaissent, le citent et perpétuent son souvenir, que son œuvre reste immortelle, inoubliée même mal connue ou inconnue. S’il faut en passer par la caricature de la madeleine pour échapper à l’effacement, c’est un moindre mal.  C’est un peu comme ses gens qui vous parlent de votre grand-mère défunte que vous ne reconnaissez pas dans leurs paroles, mais à qui vous savez quand même gré de vous en avoir parler et d’avoir conservé le souvenir de l’être cher, peu importe dans le fond que leur photo soit floue, elle a quand même permis d’échapper à cette autre mort qu’est l’oubli. 

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