novembre 2025
voir les choses en face…
Pour vous aussi, c’est d’un seul coup, un choc devant le miroir en vous disant « mais c’est moi, ça? »
esthétiques
Le passage de la galerie Art Nouveau à la galerie Art Déco m’a causé un malaise presque physique. Je crois bien que je n’aime que les courbes et que les formes droites me mettent mal à l’aise, que je n’aime pas cet art que je trouve froid, raide et prétentieux, un art fait pour les riches, qui a un peu trop bien accompagné la montée des fascismes… Je crois que mon sens du style et ma perception du beau s’arrêtent en 1914. Après, je ne comprends plus, je suis perdu.
la barbe blanche
Attribut arboré fièrement d’un vieillissement qui s’installe, cette barbe blanche un peu trompeuse pourrait faire croire que je suis en paix avec l’idée de vieillir, que je l’accepte de plus ou moins bonne grâce ou au moins avec résignation. C’est un peu plus compliqué dans une époque qui ne tolère le poil gris que sur des corps minces et fermes, des corps qui ont le droit de vieillir à condition d’afficher une jeunesse qui fera dire qu’il ne fait pas son âge, qu’il est bien pour son âge et surtout ne montre pas la dégradation, la souffrance, le pli d’amertume, la fesse qui tombe ou l’articulation déformée.
Pourtant, vieillir, c’est une succession de petits deuils physiques. Ceux des choses que nous ne feront plus parce que pas la force pas l’énergie. Ceux d’une image de soi qui change sans qu’on s’en rende compte, s’habituant peu à peu, se sentant toujours le même jusqu’au moment ou une photo d’il y a dix ans nous oblige à reconnaître que « ah oui, quand même, j’ai morflé… »
Vieillir, ça m’emmerde. Je l’accepte uniquement parce que je tiens à ce que ça se passe bien et que le déni n’est pas une solution très efficace sur le long terme. Vieillir, ça m’emmerde parce que c’est une limitation qui s’impose et de la souffrance qui s’ajoute. Ça me fait peur, mais je préfère regarder en face.
Memento mori
obscurité
Il parait que les jours s’allongent petit à petit. Mais tous les blogueurs qui n’ont pas un studio photo sous la main vous le diront: c’est quasi impossible de faire des photos un peu jolies en ce moment. À moins de tricher et de faire du noir et blanc bien sûr, quoique même comme ça, tout reste sombre, obscure. Ce qui peut certes passer pour un choix artistique ou une vision de la vie. Consolons-nous en pensant à tout ce que cela dissimule, qui nous permet de passer pour jeunes et jolie. (Avec un parfum bien choisit, je vous jure qu’on peut y croire.)
positions...
La salle de gym, c’est aussi un ensemble de positions parfois inconfortables, souvent humiliantes et pour peu que le lieu soit un peu étroit et mal agencé, c’est un endroit dans lequel il arrive régulièrement qu’on ai la tête dans un entre-jambe ou sur un fessier que nous n’aurions pas nécessairement choisi. Alors, les haaaaaaa!, han!, râles et soupires, on s’en passera volontiers ; les gars, épargner nous la bande son de mauvais pornos, c’est déjà assez gênant comme ça. Oui, oui, même quand vous avez un joli petit cul tout musclé, merci, mais non merci, on n'est pas là pour ça !
physique
Physique, Vince Alleti, 2025
Entre hommage photographique à l’art classique et ode au sport, au corps sain, l’érotisme queer a déjoué la censure en beauté. Reste des images superbes et toujours inspirantes. Un livre à feuilleter, pas seulement par les amateurs de camp et les nostalgiques du péplum à culturistes en minijupe.
leg day
Je ne sais pas pourquoi leg day s’est imposé comme terme, puisque je pense surtout à mes fesses comme… beaucoup. (Beaucoup qui pensent à leurs fesses pas aux miennes qui n’intéressent pas grand monde.)
Mais au moins, aujourd’hui, c’est fait.
voir
brussels by night
Je vis la nuit mais ce n'est pas la fièvre du disco, c'est l'insomnie et un certain plaisir à être seul dans les rues de la ville où tout semble plus joli. (Et si j'étais une femme, je serais mort de trouille bien sûr parce que mon inconscience à des limites.)
épaules
C’est peut-être parce que le reste autour grossit (?) mais il me semble que mes épaules rétrécissent… Ou alors j’élimine du gras ? C’est possible d’être grassouillet de l’épaule ? (Les vraies questions des vraies personnes de la vraies vie, dont on se dira que quand même c’est pas possible et que si l’espèce a disparu ce n’est pas chose très surprenante quand même !)
chaussures
position
Ce qu’il y a de bien avec le sport, c’est que c’est plein de positions humiliantes qui nuisent à ma dignité. Mais j’aime bien cette photo pour la simple raison qu’on dirait que j’ai le cuissot musclé…
art nouveau
Un ami intéressé par la menuiserie à qui je montrais des photos de magnifiques meubles Art Nouveau m’a dit qu’il n’aimait pas parce que ça faisait vieux. Je n’ai pas eu d’autre choix que de le rayer de mes contacts.
motivation (épisode 124)
Il m’est plus facile d’aller m’entraîner au milieu de la nuit que de me replonger dans mon cauchemar en me rendormant… Parfois la motivation tient à peu de choses.
who are you?
Il semble que je développe une passion pour les chaussettes à messages. Et pour les questions philosophiques ? Beaucoup moins…Là, j’étais en train de m’occuper de mon cul (leg press) et, dans ces moments, la question de l’être en tant que l’être, tout ça, on s’en fiche tous un peu, non?
objet sexuel
Quand Madonna a sorti sex, c’était un ouvrage à la pointe de la mode porno chic qui allait se banaliser et que j’ai détesté. (Le seul truc positif que j’y ai vu, c’est que les mannequins étaient payés au tarif mode, plutôt que charme et que c’était plus avantageux pour elles/eux. Un peu moins sordide.) Mais ce qu’ils y avait de bien avec Madonna, même si le livre était relativement sans intérêt, c’est que pas une seconde on ne croyait qu’elle était un objet sexuel, elle était toujours le sujet. Tout était consenti, voulu, désiré. Reste la question de ce la part de nos désirs qui est vraiment de nous et de la part dictée par la société. Je n’ai toujours pas de réponse aujourd’hui. Et je ne sais pas si Madonna en a une.
daddy (épisode 2)
Être fétichisé ne me dérange pas particulièrement. Je peux même prendre un certain plaisir à ça même si c’est être ramené à un objet sexuel. Disons que parfois, on ne souhaite rien de plus, rien d’autre. Parfois. Pas tout le temps. Toute la nuance est là et elle est importante.
daddy (épisode 1)
Depuis la barbe, tous les gays de moins de 45 ans (disons 40 plutôt) m’appellent daddy.c’est un compliment et je le prends comme ça, mais c’est un compliment avec forte connotation sexuelle que j’aurais préféré attendre encore quelques années. Tant qu’à être dans une case, je préfère être dans « vieux qui fait envie » que dans « date de péremption dépassée » bien sûr. Mais quand même…
odeurs
Grande fut ma déception lorsque j’ai réalisé qu’être une gym queen ne signifiait pas aller à la salle inondé de N°5 de Chanel, ou plus globalement d’aldéhydes. Outre cela, les odeurs des gens, j’ai beaucoup de mal. LA vieille chaussette pas changée, a sueur qui imprègne depuis bien trop longtemps une étoffe synthétique… Vraiment, c’est au-delà de mes limites. (Je n’ignore pas qu’il y a un fétichisme des odeurs de ce genre pour certains mais nous allons continuer à faire comme si nous n’en savions rien parce que nous voulons rester des princesses au petit pois.)
modernité
La modernité se démode, vite et mal. Pour moi, ce qui est à la limite du supportable, c’est ce qui était « moderne » « à la mode » dans mon enfance. Je trouve ça abominable. Même si je peux y voir de la beauté ou du charme…
grain de peau
Une lumière rasante qui met en évidence le grain de peau… Dans la vraie vie, sur Instagram, on trouverait ça moche mais, en photo noir et blanc, finalement, ce n’est pas si mal. C’est normal, la vraie vie et je ne vois pas l’intérêt d’utiliser on plus gros grain pour flouter un peu l’image qui ne me déplaît pas comme ça.
thé
J’ai ce réflexe, à peine rentré à l’appartement, de me préparer du thé. Sans me poser de question, savoir si j’ai envie. Peut-être que la réponse à la question «Où est ce que je me sens chez moi ?» est «Chez moi, c’est là où je me fais du thé.»
un an après...
Novembre devrait être le mois du bilan : voilà un an que je suis retourné à la salle donc en principe, j’ai le recul suffisant pour juger des résultats. Il est évident que je ne vois personnellement rien, ce qui est passablement frustrant, si ce n’est que je n’ai plus de souci de dos ou d’articulation, ce qui est très positif mais… La disparition d’un inconvénient est-elle exactement la même chose que le gain d’un avantage ? Je n’en suis pas persuadé.
Si je prends des choses un peu objectives, je constate que je porte plus lourd, que je progresse lentement mais surement, même si je continue à chercher ce qui pour moi serait le bon rythme, la séance idéale, etc. Tout en sachant que ce qui est répétitif n’est pas nécessairement pour moi et que j’ai besoin de varier un peu les exercices, préférant à un moment les poids, libres, à un autre les machines… En ce moment, j’aime bien les poulies.
De la même façon, je trouve plus facile/plus agréable/plus intéressant de travailler telle ou telle partie du corps selon les moments. J’imagine que ça doit s’équilibrer final ? Une de mes hantises étant ces corps monstrueusement disproportionnés des gens qui ont fait une fixation sur telle ou telle partie de leurs corps. Mais rien à faire, je n’aime toujours pas ça !
En un an mon poids n’a pas bougé du tout. J’ai pesé entre 91 et 89 kg mais mon corps à quand même changé : j’ai perdu en tour de taille (très peu), j’ai gagné en tour de bras (très peu aussi) et comme je ne pense pas que le gras ait migré, je suppose que j’en ai perdu un peu et que j’ai gagné du muscle. Dans ce sens, ma garde-robe a du changer un peu : certaines vestes sont devenue trop étroite en carrure et j’ai même dû acheter des chemises en XL parce que la version L était trop étroite des bras… (Mon gabarit n’étant pas du tout impressionnant, je me demande ce que font les culturistes et où ils vont s’habiller ?)
C’est évident mais, comme je ne perçois pas le changement, je ne m’aime pas plus qu’avant (ce n’était pas le but non plus), en sachant que j’ai de la chance, je ne me suis jamais vraiment détesté non plus. Je ne suis pas forcément à l’aise avec mon corps, ni plein de confiance, j’ai des complexes comme tout le monde, mais j’ai quand même la chance d’avoir un rapport plutôt serein avec lui-même si j’ai un regard critique, très, trop, parce qu’on est tous comme ça, merci la société… Bien que le fait d’être de sexe masculin joue beaucoup, il y a énormément plus de pression et de contrôle du corps de femmes c’est évident. (Mais rassurez-vous, je me suis déjà pris dans les dents que je n’étais pas fuckable et j’imagine que pour beaucoup j’ai très probablement passé la date de péremption et que je devrais me cacher. L’avantage de vieillir, c’est qu’on se fiche de plus en plus de ce genre de commentaires. Mais sur le coup, ça fait toujours mal.)
Ai-je été aussi régulier que prévu ? Presque. Le plus dur, ça reste de s’y remettre après une interruption. MAIS AUSSI : le plus dur c’est d’aller à la salle en plein jour. Vraiment, voir des gens, je ne supporte plus et je suis au bord d’aimer mes insomnies. Et pour ceux qui me trouve courageux, non, vraiment pas. C’est un choix, c’est donc un confort d’aller à la salle à 3 AM, les vrais courageux, ce sont ceux qui n’ont pas d’autre choix que d’aller travailler à cette heure-là. Même si je dois parfois me mettre des coups de pieds au derrière, surtout en hiver, parce que ce serait quand même sympa de lire un bon livre en buvant du thé, bien plus que d’aller soulever de la fonte…
On en reparle dans un ans, j'ai fait beaucoup trop de texte (qui n'intéresse personne donc un grand merci à ceux qui sont arrivé jusqu'ici.)
(noir &) blanche
Je déteste l'idée d'acheter des trucs un peu aussi parce qu'ils sont jolis et photogénique, mais parfois, moi aussi, je suis ce genre de connasse…
la barbe
ça pousse et je me dis que je devrais faire quelque chose mais...ça m'amuse de voir en me fichant complètement que ce soit beau ou moche parce que... ah, en fait, ce n'est pas très important, ou du moins, moins que de sentir beau.
sexy(sme)
Oui, j’arbore un décolleté plongeant. Si j’étais une fille, je serais probablement « une salope qui cherche à se faire violer » ou quelque chose du genre parce qu’on vit vraiment dans une société à plusieurs vitesses où certains sont encore au Moyen-Âge et que tout n’était pas mieux avant et que, Dieu merci, on a progressé, c’est juste dommage que pas tout le monde. Cela dit, un (très joli) bermuda (en velours vieux) rose m’a déjà valu de me faire traiter de sale PD et fait sentir pas à l’aise du tout… Donc personne n’est à l’abri et parfois c’est dur de sortir de chez soi et affronter le monde. (Et dangereux.) Mais on ne va pas les laisser nous mettre au placard.
ce que je sais...
J’ai adoré le roman d’Éric Chacour. Mais basiquement, le titre m’inspire cette réflexion qui serait hautement philosophique si j‘étais capable de développer, apporter des réponses ou Dieu sait quoi qui irait au-delà du simple constat : « je ne sais rien de moi. »
Les questions ontologiques, ce n’est pas pour moi et je le vis fort bien. (Non, pas si bien que ça…)
jours de repos
Ne commençons pas à dire que la récupération, c’est important, que le repos est une part de l’entrainement… Juste, parfois, c’est bon de trainer envelopper dans son plaid et de s’écouter penser. (Même si le niveau de pensée ne dépasse pas « est-ce que j’ai envie de chips au sel ou au paprika ? »)














































